Faunatura

Mascotas, animales, fauna y Naturaleza

Environnement

Ours polaire : comment la fonte des glaces menace le roi de l'Arctique

L'ours polaire dépend de la banquise pour chasser, et l'Arctique la perd à un rythme de 13 % par décennie. Nous t'expliquons ce que dit la science, combien il en reste et ce qui est fait pour éviter sa disparition.

Oso polar: cómo el deshielo amenaza al rey del Ártico
Oso Polar Como El Deshielo Amenaza Al Rey Del Artico

L’ours polaire (Ursus maritimus) est devenu le symbole visible du changement climatique. Ce n’est pas un choix anodin : toute sa vie tourne autour de la banquise, et cette glace se réduit depuis des décennies. Quand l’Arctique perd sa surface gelée, l’ours perd à la fois sa réserve de nourriture, son itinéraire et son refuge.

Il reste aujourd’hui entre 22 000 et 31 000 individus répartis dans cinq pays arctiques, selon la dernière évaluation de l’UICN (2015, mise à jour par le Polar Bear Specialist Group). Le chiffre paraît élevé, mais le problème n’est pas le nombre actuel, c’est la tendance. Et cette tendance, si la planète continue de se réchauffer au rythme prévu par le GIEC, pointe vers la baisse.

Identification : le plus grand carnivore terrestre de la planète

L’ours polaire est le plus grand carnivore terrestre qui existe aujourd’hui. Les mâles adultes pèsent entre 350 et 700 kg et mesurent de 2,4 à 3 mètres de long. Les femelles sont nettement plus petites : 150 à 300 kg. À l’état sauvage, ils vivent environ 15 à 18 ans ; en captivité, des individus ont dépassé les 30 ans.

Son pelage semble blanc, mais chaque poil est en réalité creux et translucide. La peau située dessous est noire, ce qui l’aide à absorber la chaleur. Sous la peau, une couche de graisse pouvant atteindre 11 cm isole l’animal dans des eaux à -2 °C.

Habitat et répartition : une vie sur la glace

Il vit dans les régions arctiques de cinq pays : le Canada, les États-Unis (Alaska), la Russie, la Norvège (Svalbard) et le Groenland (Danemark). Le Canada abrite environ les deux tiers de la population mondiale.

Ce n’est pas un ours « terrestre » qui s’approche parfois de la mer. C’est l’inverse : il passe la majeure partie de l’année sur la banquise, chassant les phoques depuis des plaques flottantes. Quand la glace se retire en été, il est contraint de jeûner à terre jusqu’à ce qu’elle se reforme à l’automne.

Alimentation et comportement : le chasseur de phoques

Son régime repose sur le phoque annelé (Pusa hispida) et le phoque barbu (Erignathus barbatus). Il les chasse à l’affût près des trous de respiration dans la glace. Un ours adulte doit capturer un phoque tous les 10 à 12 jours en moyenne pour maintenir sa masse graisseuse.

Les femelles mettent bas en général deux petits en décembre-janvier, dans une tanière creusée dans la neige. Elles sortent en mars ou avril, et les petits restent dépendants de leur mère pendant environ deux ans et demi.

État de conservation : catégorie VU sur la Liste rouge

L’UICN classe l’ours polaire comme Vulnérable (VU) depuis 2006. Il figure à l’Annexe II de la CITES, ce qui réglemente (sans l’interdire totalement) le commerce international de parties de l’animal.

Sur les 19 sous-populations reconnues par le Polar Bear Specialist Group, quatre sont clairement en déclin, cinq sont stables, deux augmentent et, pour les autres, les données sont insuffisantes. La sous-population de l’ouest de la baie d’Hudson, l’une des plus étudiées, a chuté d’environ 30 % au cours des trois dernières décennies.

Fonte polaire : les chiffres d’une crise mesurée

C’est là que les chiffres comptent. Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), l’étendue de la banquise arctique en septembre — son minimum annuel — diminue à un rythme de 13 % par décennie depuis 1979.

Autrement dit : en 40 ans, l’Arctique a perdu une surface de glace équivalant à plusieurs fois le territoire espagnol. Le GIEC, dans son Sixième Rapport d’évaluation (AR6, 2021-2023), estime probable que l’océan Arctique soit pratiquement libre de glace en été avant 2050, même dans des scénarios d’émissions modérées.

Une étude publiée dans Nature Climate Change (Molnár et al., 2020) projette que, si les émissions suivent la trajectoire actuelle, la plupart des sous-populations d’ours polaires pourraient s’effondrer avant 2100, faute pour les femelles de accumuler assez de graisse pendant des étés de plus en plus longs sans glace.

Menaces au-delà du climat

Le réchauffement est la principale menace, mais pas la seule :

  • Contamination par les métaux lourds et les composés organochlorés, qui s’accumulent dans la graisse par bioamplification.
  • Trafic maritime et prospections pétrolières dans des routes auparavant bloquées par la glace.
  • Conflits avec les humains : en passant plus de temps à terre, les ours entrent dans les villages arctiques à la recherche de nourriture.
  • Chasse légale réglementée par les communautés autochtones (environ 700 à 800 individus par an), durable selon les quotas, mais sensible au déclin des populations.

Ce qui est fait

L’Accord international sur la conservation de l’ours polaire (1973), signé par les cinq pays de l’aire de répartition, reste en vigueur et est réexaminé périodiquement. Le WWF, avec Polar Bears International, finance des colliers GPS, des études de sous-populations et des programmes de cohabitation dans des localités comme Churchill (Canada).

Parallèlement, le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est, dans la pratique, l’outil qui peut le plus pour cette espèce : sans freiner le réchauffement global, aucun plan local ne suffit.

Si la façon dont le trafic et la perte d’habitat affectent d’autres espèces emblématiques t’intéresse, tu peux aussi lire sur l’orang-outan de Bornéo, un autre grand mammifère en danger critique.

Ce que tu peux faire toi-même

  • Réduire ton empreinte carbone : transport, alimentation et consommation d’énergie sont de vrais leviers, pas des slogans.
  • Soutenir les organisations qui mènent un travail vérifiable dans l’Arctique (WWF, Polar Bears International, groupe de spécialistes de l’UICN).
  • Refuser les produits dérivés de faune arctique non certifiée.
  • S’informer et diffuser des données, plutôt que des images sorties de leur contexte.

FAQ

Combien d’ours polaires restent-ils en 2026 ? L’estimation en vigueur reste celle de l’UICN : entre 22 000 et 31 000 individus. Il n’existe pas de recensement mondial annuel, car le dénombrement se fait par sous-population et varie selon la zone.

Que se passe-t-il si l’ours polaire disparaît ? En tant que superprédateur, il régule les populations de phoques. Sa disparition modifierait la chaîne trophique arctique et serait surtout le signe que l’écosystème polaire s’est effondré.

Pourquoi ne déplace-t-on pas les ours polaires vers des zones plus froides ? Parce qu’il n’existe pas de « zones plus froides » de remplacement. L’Arctique est son unique habitat et le problème est global, pas local.

Peut-on garder des ours polaires dans les zoos pour les sauver ? L’élevage en captivité n’est pas une solution de conservation pour cette espèce. Son bien-être en captivité est complexe et ne résout pas le problème de fond : la perte de la banquise.

L’ours polaire et l’ours brun peuvent-ils se reproduire ensemble ? Oui. Des hybrides ont été documentés à l’état sauvage (« pizzly » ou « grolar »), résultat de la progression de l’ours brun vers le nord à mesure que le climat change. C’est une conséquence de plus du réchauffement.

FS

Fer Sanchez

Écrit sur Faunatura. Thèmes : Animaux sauvages, Espèces en danger d'extinction, Environnement. Publie ici depuis 2021.

🇫🇷 FR